Algériens du Québec: Retourner en Algérie ou rester à Montréal ?

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Message  Aokas Revolution le Mer 6 Fév - 20:35

Pourquoi les immigrants algériens de Montréal qui n’arrivent pas à décrocher un emploi dans leur domaine, qui doivent retourner sur les bancs d’école pour obtenir une équivalence ou qui se retrouvent au chômage ne rentrent-ils pas en Algérie ?
Retourner en Algérie après l’avoir quittée n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. Ces Algériens avaient tous leurs raisons de quitter leur pays natal. Et malgré les difficultés rencontrées, il est souvent plus avantageux et plus facile pour eux de rester à Montréal. Ils s’y sont installés avec leur famille avec pour objectif d’avoir un meilleur mode de vie. Alors ils ne s’en cachent pas, travailler dans un domaine qui n’est pas le leur n’est rien, comparé au coût des études qu’on leur demande de reprendre et aux complications du retour.
Réactions de l’entourage
Se réinstaller en Algérie semble être le choix le moins évident à supporter, car les Algériens qui en feraient le choix devraient à la fois tout recommencer à zéro dans leur propre pays, et ce, en subissant le jugement de leur entourage. « On est humilié lorsqu’on revient. Personne n’encourage notre retour. L’entourage réagit de manière négative à notre égard en nous faisant des reproches du genre : Tes frères, tes sœurs, tes amis, tes collègues de travail, tous ont réussi sauf toi. Il n’y a rien en Algérie. C’est la misère. Les gens traversent la mer et risquent leur vie pour tenter leur chance ailleurs et vous vous revenez. Mais vous êtes malades », donne en exemple Abderrahim Alachaher, propriétaire du Marché Cordoba. Ainsi, pour éviter toutes ces remarques désobligeantes, les Algériens préfèrent se refaire une vie à Montréal du mieux qu’ils le peuvent. D’autant plus qu’il est difficile de reprendre sa place au sein d’une entreprise que l’on a quittée pour aller travailler dans un autre pays. Retourner en Algérie ne leur paraît donc possible qu’après avoir acquis une certaine expérience.
Il ne faut pas oublier les enfants dans tout ça. Le fait de s’installer dans un nouveau pays avec sa famille engendre plusieurs responsabilités et limites. Les parents ne peuvent pas retourner en Algérie aussi facilement qu’une personne venue seule. Certains enfants sont nés au Québec. Les faire changer de pays devient chose délicate à partir du moment où l’âge scolaire est atteint, car en plus de devoir passer par un processus d’intégration, l’obstacle de la langue les attend. « Au primaire, en Algérie, 80 % des matières sont enseignées en arabe et 20 % en français. Alors si l’enfant ne connaît pas assez bien la langue arabe, ça devient un problème. Et ça, c’est sans parler de la surcharge des classes et de la réaction des enfants là-bas. Ça finit par faire beaucoup d’adaptations du même coup pour un enfant » précise M. Alachaher.
Une autre raison pour laquelle les Algériens ne veulent pas revenir au pays : les problèmes de logements qui perdurent. « Là-bas, la majorité devra retourner chez la famille, alors qu’ici c’est facile d’avoir accès à un appartement », fait remarquer Nacer Boudi, fondateur de l’association Le Petit Maghreb. Globalement, Montréal semble donc malgré tout offrir plus d’avantages que d’inconvénients à la majorité des immigrants algériens.
Une possible retraite en Algérie
« Je me rappelle de mon arrivée à Montréal comme si c’était hier. Ça date du 30 octobre 1998 », précise sans difficulté Abderrahim Alachaher, propriétaire du Marché Cordoba. Mais avant d’atterrir à Montréal, M. Alachaher avait immigré en France. Il s’y était installé pour mener des études supérieures. Après l’obtention de son doctorat, il fit une recherche d’emplois, mais ce fut sans succès. « C’était bouché en France », se souvient-il. Se disant qu’il pourrait avoir plus d’opportunités d’emplois au Québec, il changea à nouveau de pays de résidence et s’intégra sans difficulté. « Comme je m’étais déjà exilé en France, je savais qu’il y aurait une adaptation à faire pour le Québec. Mais, je savais ce que c’était d’être loin de ma famille. C’est seulement la distance qui a augmenté et les lois qui ont changé », mentionne-t-il. Cette adaptation fut toutefois moins évidente pour sa femme, une Française d’origine algérienne. « C’était un peu difficile pour elle au début, parce que c’était sa première sortie hors de la France et elle trouvait ça dur d’être loin de sa famille. Mais elle a fini par s’habituer », souligne-t-il.
Le Canada, lui a donné une nouvelle chance, une nouvelle vie mais à sa retraite, M. Alachaher aimerait bien s’acheter une maison ou un appartement en Algérie, tout en gardant un pied-à-terre au Québec. « L’idéal serait de rester six mois là-bas et six mois ici. Je me vois mal me réinstaller complètement en Algérie, alors que mes enfants resteront probablement au Québec, car je ne veux pas perdre le lien parental », soutient-il. Les enfants de M. Alachaher sont nés à Montréal. Ils n’ont pas eu à s’intégrer dans une société nouvelle, comme d’autres enfants nés en Algérie, mais ayant immigré au Canada avec leurs parents. « Il ne faut pas qu’ils oublient leur pays d’origine et son histoire. Ils ont des racines, une religion », rappelle-t-il. Comme les enfants de M. Alachaher, plus du quart (27,1 %) des Algériens, incluant les résidents non permanents, sont nés au Canada et près du trois quarts (72,9 %) d’entre eux sont nés à l’étranger. D’autre part, « 42 % des membres des familles de la communauté algérienne sont des enfants ».
Entre le Canada et l’Algérie, M. Alachaher ne pourrait pas choisir. Mais l’Algérie occupe une place importante dans son cœur : « Malgré tout ce qui se dit sur notre pays à propos de la corruption, de la mauvaise gouvernance, de la saleté, l’Algérie restera toujours notre pays. Le pays parfait n’existe pas. Au Canada aussi il y a de la corruption », fait-il remarquer en citant l’exemple de la commission Charbonneau qui essaie tant bien que mal de faire la lumière sur le scandale de la construction qui a fait rage au Québec dernièrement. « Il n’y a pas un Etat où il n’y a pas de corruption. C’est vrai qu’elle est plus grave dans certains endroits, mais ce n’est pas une raison pour détester son pays. Il ne faut jamais oublier ses racines. C’est ce qui fait la fierté d’une personne. Malheureusement, certains insultent leur terre d’origine à longueur de journée », regrette enfin M. Alachaher.

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Message  Aokas Revolution le Mer 6 Fév - 20:35

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