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50e ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE : CENTRE DE TORTURES «TOURNEUX» DE CAP-AOKAS

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Message  Azul Mer 10 Aoû - 23:06

Voxpopuli : 50e ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE : CENTRE DE TORTURES «TOURNEUX» DE CAP-AOKAS
Les «bienfaits» de la colonisation


Combien d’aveux sont arrachés sous d’atroces supplices ? Combien de victimes algériennes soumises à la question sont mortes sous la torture ? Combien d’Algériens souffrent de traumatismes et d’infirmités suite aux multiples sévices subis ? On a froid dans le dos devant toutes ces inventions de souffrances, devant tous ces instruments de torture avec lesquels l’homme dit «civilisé» martyrisa son semblable…
Dans la commune mixte de Oued-Marsa, à Cap-Aokas, entre 1952 et 1955, l’hôtel Moska — qui s’appellera beaucoup plus tard hôtel du Cap— est érigé en centre de torture. Les cris et les hurlements de douleur des suppliciés fusaient dans la nuit et s’entendaient à plusieurs encablures à la ronde. Ils arrivaient même jusqu’aux oreilles sensibles des enfants de l’administrateur civil. La femme de celui-ci exigea alors de son époux le déplacement de ce lieu de détention qui sera, à compter de l’année suivante, établi plus loin dans une ferme de colon à la sortie est du village d’Aokas. Le camp de concentration de Cap-Aokas fut créé par les forces coloniales en juillet 1956. Le choix de son emplacement dans la ferme du colon Tourneux fut déterminé par la présence d’une trentaine de grandes et profondes amphores (cuves) au col étroit où l’on enfermait les vins. Ces grands récipients cylindriques désaffectés, munis d’un système de fermeture hermétique décourageant toute tentative d’évasion, furent utilisés comme cellules pénitentiaires. Des condamnés transférés de toute la région dans ce camp de la dernière heure étaient mutilés et défigurés avant d’être jetés dans ces oubliettes jusqu’à ce que mort s’ensuivît.
Dans le noir le plus complet
La chambre des tortures était une vaste construction close, genre entrepôt, dont les poutres apparentes du plafond soutenaient une poulie portant une corde servant à hisser des fardeaux au-dessus d’un bassin avant de les plonger dans le liquide noirâtre ; ces fardeaux étaient en l’occurrence des prisonniers ficelés comme des paquets de linge. A proximité du réservoir d’eau, en vue d’un usage barbare, fut montée une installation produisant de violentes décharges électriques. Ces électrocutions provoquaient des pertes de connaissance brutales, des convulsions, des brûlures au point de contact ou, quelquefois (heureuses délivrances !) des morts instantanées.
Isolement cellulaire…
Lorsqu’on verrouille derrière le prisonnier la porte en fonte de l’amphore, et qu’il se retrouve seul dans le noir le plus complet, des pensées horribles l’assaillent aussitôt. Peut-être que ses tortionnaires le laisseraient-ils croupir dans ce trou ? Une détresse accablante l’envahit, une sensation affreuse de solitude et d’impuissance. Peut-être est-ce réellement la fin ? A cette idée, les pensées du prisonnier allaient à sa famille, surtout à la mère qui doit être rongée d’inquiétude. Puis, sentant du fond de son être monter une force mystérieuse, il s’entendit murmurer comme dans un rêve : «Allez, il faut tenir le coup ! Ne pas s’abandonner au découragement. Dieu est grand. Et vive la Révolution !»
Cris d’effroi…
D’un moment à l’autre, jour et nuit, des cris déchirants parviennent aux oreilles du détenu accroupi dans l’amphore. Des captifs sont en proie aux affres de la torture. Ces hurlements de terreur et de souffrances font terriblement accroître le désespoir et l’angoisse des autres prisonniers. Même les bergers évitaient de faire paître leurs troupeaux aux environs du camp de la mort pour ne pas entendre ces cris d’effroi.
Interrogatoire musclé

Quelques jours plus tard, le prisonnier entend les pas réguliers des soldats venus le chercher pour un nouvel interrogatoire. En sortant de sa cellule, il met instinctivement les mains devant ses yeux aveuglés par la lumière éclatante du jour. Dans la salle des tortures, on commande au prisonnier de se déshabiller et de s’asseoir sur une chaise. Aussitôt, les questions tonitruantes fusent : «Qui collecte les fonds pour les fellagas ? Quelle maison accueille les maquisards ? Comment s’appelle le chef des terroristes ?» Et la réponse, toujours la même, sort de la bouche de la victime : «Je ne sais pas, je ne sais pas.» L’adjudant parlant couramment le kabyle, s’adresse au prisonnier : «Écoute mon petit, il vaut mieux nous donner les noms des fellagas. De toute façon, tu ne peux pas leur nuire puisqu’ils sont déjà dans le maquis. Et toi, tu pourras enfin rentrer chez toi sain et sauf.» Silence…
Supplices…
Tout à coup, les bourreaux se ruent sur la victime pour l’attacher. D’abord, ils engagent un solide bâton sous les genoux, puis ils lient les poignets et les avant-bras de part et d’autre de la trique, si bien que tout le corps s’en trouve plié en deux. L’une des deux extrémités de la corde qui pend d’une poulie est ensuite fixée entre les jambes, au milieu de la tige en bois. En tirant sur l’autre bout de la corde, la masse humaine est extirpée de la chaise puis, la tête en bas, elle est hissée par à-coups comme un ballot jusqu’au-dessus du bassin rempli d’eau savonneuse, sale et salée. Alors, la torture par immersion peut commencer. Le corps est plongé brutalement dans le liquide poisseux. En apnée, le prisonnier éprouve une sensation terrible d’étouffement ; il est au bord de l’asphyxie. Il a l’impression que tout son corps est sur le point d’exploser. Ne tenant plus, il tente de respirer ; aussitôt, le liquide s’engouffre à flots dans ses poumons. Mais au moment où la mort par noyade semble irrémédiable, il est retiré de l’eau. Il émerge brusquement la bouche grande ouverte et avale d’un coup une grande quantité d’oxygène jusqu’à l’étourdissement. Suspendu dans le vide, l’eau dégoulinant de son corps, la victime continue à être pressée de questions. Si la réponse tarde à venir ou ne satisfait pas le tortionnaire, le mauvais traitement est répété en conséquence jusqu’à arracher des aveux complets ; ceux-ci sont parfois inventés de toutes pièces par la victime pour que cesse son pénible et long calvaire. Parfois, le prisonnier est transféré de sa cellule vers le camp de toile où sont regroupés les prisonniers près d’être relâchés. La tête hirsute, les yeux plissés devant l’éclat de la lumière du soleil, il est accueilli par les autres détenus qui sont touchés par la maigreur et la mauvaise mine de leur compatriote…
Ce qu’il faut retenir
Auparavant, de 1952 à 1955, c’était à l’hôtel Moska (plus tard appelé hôtel du Cap) que les colons pratiquaient la torture. Ensuite, les forces coloniales créèrent en juillet 1956 le camp de concentration de Cap-Aokas. C’était dans la ferme du colon Tourneux, qu’on érigea ce lieu de détention et de torture. Les prisonniers étaient enfermés dans des amphores géantes utilisées précédemment comme cuves à vin par le fermier français. Bastonnade, électrocution, noyade, étouffement, blessures diverses... sont les méthodes de tortures utilisées par les bourreaux de ce centre de détention. Parmi les Algériens et les Algériennes qui séjournèrent dans ce camp de concentration, beaucoup sont morts, ou traumatisés, ou handicapés à vie, ou détraqués, ou…
Khaled Lemnouer
Azul
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Message  Azul Mer 10 Aoû - 23:07

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Azul
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