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Zoubida Berrahou. Docteure en économie : La force de la révolution citoyenne est son avenir !

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Message  Azul le Dim 9 Fév - 11:32



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Zoubida Berrahou. Docteure en économie : La force de la révolution citoyenne est son avenir ! Visu-DR-e1556240967947

 
26 AVRIL 2019 À 9 H 00 MIN
 
1702

Zoubida Berrahou est maître de conférences en management des organisations à l’Université de Mascara. Chercheure associée à la chaire de management stratégie et société de HEC Montréal, ses recherches interdisciplinaires s’intéressent à la gouvernance des organisations. Également coach et conférencière en développement personnel, elle a exercé auprès d’entreprises publiques (formation et consulting).
 
«Tout pays n’aura que le visage que sa jeunesse aura décidé de lui donner».  Tahar Djaout
Tout a commencé un vendredi 22 février. Personne ne l’a vu venir, mais c’est arrivé. Depuis de jour-là, la société algérienne avec ses composantes générationnelles, ses catégories sociales et sa mosaïque juvénile marchent chaque vendredi dans la rue en scandant, en chantant et en exprimant leur ras-le-bol généralisé de ces gouvernants qui n’ont que trop abusé du silence et de la colère contenue de leur peuple.
Ces manifestations du vendredi Silmiya sont aussi émotives qu’émotionnelles. Une fièvre pour la chose politique, un crépitement de divergences-convergences, puis un sursaut combatif qui réunit les plus rétifs et réticents des citoyens aux plus chevronnés d’entre eux. Alors tout le monde se demande : mais que s’est-il passé ?
Inventeurs de révolution
Il se passe que tout simplement les habitants de l’Algérie, ce pays plusieurs fois millénaire, se sont enfin réunis sous les luminaires de leur histoire commune alors qu’ils n’ont été de cesse dispersés à travers les temps. Une révolution n’a que le cachet de l’époque dans laquelle elle se déroule. On aura beau chercher des similitudes à travers l’histoire – et certainement elles existent entre les époques rapprochées – mais il y aura sans doute prescription dans la comparaison quand le déjà-vu et vécu d’un peuple aura bonifié le capital «enseignement à tirer des expériences du passé».
Les Algériens sont des vétérans en matière de révolution. Ils sont uniques, justement parce qu’ils inventent les révolutions et ne les copient jamais. Ce sont les autres qui les plagient, parfois longtemps après ! Repensons à la guerre d’indépendance !
Qui a fait ça avant eux et comme ça ? Qui a fait ça après eux ? Là, les réponses fusent et nous ramènent à «Alger, Mecque des révolutionnaires». Repensons à Octobre 88 ! Ce peuple est tellement spécial qu’il a inventé le Printemps arabe avant l’heure.
Vingt ans après, il se le fait piquer parce que les Algériens ont oublié d’enregistrer les droits d’auteur, occupés qu’ils étaient à panser leurs frayeurs et traumatismes alors que le monde, et pas seulement arabe, leur tournait le dos.
Et voilà que les enfants de Djamila Bouhired remettent ça encore une fois ! Non, ce n’est pas un Printemps arabe, même si l’Algérie est le seul pays arabe à avoir atteint le 21 mars arable sans que la terre soit tâchée de sang.
Les Algériens n’ont pas inventé les smartphones ou les énergies renouvelables, mais ils savent faire bon usage des premiers pour canaliser les secondes dans le but de faire réfléchir, ou plutôt fléchir, un pouvoir qui a trop dormi sur les puits de pétrole jusqu’à ne pas s’apercevoir que sa jeunesse était passée à l’ère virale des faux cils des influenceuses en ignorant totalement celle de l’influence des fossiles qui sentent l’âge du dinosaure.
DU CIVISME à L’ÉTAT DE DROIT
Citoyens de la Terre, voici la dernière-née des révolutions durables ! La Révolution du sourire, de la paix, de la civilité et surtout celle du courage de se parler en face. Les Algériennes et Algériens vont crever leurs abcès sociétaux que les gouvernants successifs ont fait exprès de rafistoler par des interventions caduques afin de les laisser dans la rage de la dent contre l’autre.
Ce pays a grand besoin d’un stomatologue du dialogue pour soigner les mots qui violentent l’interlocuteur différent, ainsi que d’un arracheur de dents pour extraire un à un les indéboulonnables du système politique au pouvoir. Oui, les Algériens sont un et multiples à la fois. Unis dans le ras-le-bol, l’espoir, le combat et l’entraide. Multiples et diversifiés sur toutes les questions sociétales telles que la place de la religion, le code de la famille, l’arabité, l’amazighité, la tenue vestimentaire, les pratiques culinaires, etc.
La simple évocation de ces sujets a de tout temps provoqué polémiques et tensions, ils ressurgissent maintenant alors que dans ce moment crucial l’union est demandée. Ces divisions peuvent se résoudre et elles le seront lorsque sera bâti un Etat de droit, fort et protecteur pour chaque spécificité de la société algérienne. Dans le respect, l’écoute, l’acceptation et l’échange, la société se «désinfectera» d’elle-même, une fois les blocages institutionnels levés.
Ce pays est assez vaste pour accueillir toutes les diversités, pourvu qu’elles adoptent un comportement civilisé et c’est pour cela qu’il y a manifestation chaque vendredi, n’est-ce pas ? Silmiya, silmiya ! Le civisme mène à un Etat de droit et un Etat de droit produit davantage de civisme.
Lors des manifestations du vendredi, une pancarte disait aux gouvernants : «Nous vous connaissons bien mais vous, vous ne nous connaissez plus». Leur logiciel de connaissance du peuple est hors-circuit depuis au moins vingt ans. Même l’obsolescence programmée, pourtant sésame de l’industrie, est en train de disparaître et ils nous offrent perpétuellement l’arrogance commandée.

L’intelligence du peuple a migré vers la planète cybernétique quand le sommet de l’Etat se croit encore dans les années soixante ! Réveillez-les ! Dites-leur que le moral des Algériens est en feu, leur ciel est rempli d’étoiles. La Révolution du sourire sera à la fois espoir et optimisme pour ce peuple qui n’y croyait plus et donc a cessé de croître. A présent, il fait confiance à l’impossible car justement maintenant, plus que jamais, c’est possible.
A-T-ON LE DROIT DE RÊVER ?
De plus en plus de recherches suggèrent que les pays qui réussissent sont ceux dont les populations sont optimistes, qui ont la capacité de rêver, d’imaginer un autre destin que celui imposé par l’incapacité d’agir. L’optimisme a des vertus sur la santé et l’énergie des personnes. Il enclenche un dynamisme, moteur essentiel du bien-être de la société. Ce dernier fait l’objet d’un intérêt particulier pour les adeptes de l’économie du bonheur qui le présentent ainsi : «Le critère du bien-être subjectif serait démocratique, il tiendrait compte des opinions du peuple, à l’intérieur d’une nation, et non des experts ou des puissances extérieures» (Diener et Oishi, 2005).
L’écrivain, analyste politique et grand reporter, David Rieff, explique que les Etats-Unis sont un pays où la conviction que le présent est meilleur que le passé et l’avenir meilleur que le présent, constitue un prérequis idéologique et émotionnel conditionnant les bonnes perspectives de réussite, même dans les heures les plus sombres.(1) Goethe disait : «Renaisse l’espérance, l’activité reprend aussitôt». Justement, cet optimisme n’est pas que posture d’attente en espérant que les bonnes choses arrivent d’elles-mêmes. C’est une posture mentale positive qui n’ignore pas les difficultés mais focalise sur ce qui peut marcher.
Le destin collectif d’un pays est déterminé par les pensées du collectif. Si elles fusionnent dans le même ordre en étant portées par un combat commun, elles produisent un effet combiné. Si ces pensées sont négatives, elles auront une issue déplorable. Mais quand elles sont positives, c’est l’espoir qui renaît et avec lui de belles réalisations. Boris Cyrulnik, éthologue et neuropsychiatre rappelle que «le principal organe de la vision, c’est la pensée, on voit avec nos idées».
Aussi, le pessimisme ou l’optimisme n’ont rien à voir avec la réalité, ils sont fonction de la représentation qu’on se fait du réel. Beaucoup de personnes ont une définition erronée du rêve ! Souvent on entend cette phrase : a-t-on le droit de rêver en Algérie ? A cette phrase, il n’y aura toujours qu’une seule réponse : plus que jamais, le rêve n’existe que parce que tout paraît difficile.
PENSER DANS L’ACTION
Une autre question se pose également : est-ce que notre culture permet d’être acteur de sa vie, de rêver, de sortir des sentiers battus ? Il est vrai que pour se projeter dans l’avenir, il y a des prérequis incontournables : la liberté de penser, la possibilité de l’initiative et, surtout, de l’imagination. Ces qualités sont a priori bannies de la culture ambiante. Mais la révolution citoyenne est en train de détruire ces prisons mentales. Jamais l’Algérie n’a bénéficié de conditions aussi favorables que durant cette phase de maturité politique et de prise de conscience collective.
En se mettant en phase avec cet esprit, les individus commencent à agir. Cette culture va se propager avec l’imitation spontanée. Le mode de pensée qui régit les croyances fatalistes, comme quoi on n’est pas acteur de sa vie et de son destin, va être refaçonné. Chacun reprend le contrôle de son cerveau en lui permettant d’être plus en phase avec son époque pour le libérer des blocages intérieurs, accepter de sacrifier un peu de son confort idéologique pour donner une place à la pensée différente car elle peut être édifiante dans le commun civil et civilisé revendiqué.
Tant que le scénario de ce destin radieux est synchronisé dans les têtes et qu’aucun fléchissement n’est observé dans le temps, les actions ne seront que l’instrument de ce qui a été décidé communément. On rappellera que pour Hannah Arendt : «Penser ne se conçoit qu’à travers l’action et l’engagement».
Tout au long du XXe siècle, les sciences de l’homme ont aidé considérablement à comprendre les ressorts psychologiques et psychosociologiques au fur et à mesure de la formation des sociétés humaines. D’un côté, il y a l’éthologie (étude des comportements), l’anthropologie (l’analyse des mœurs, des us et coutumes, ainsi que des structures familiales), la sociologie (la compréhension des groupes humains) et tant d’autres disciplines qui tentent de percer un tant soit peu les mystères qui entourent les humains et leurs interactions spatiotemporelles.
TRANSCENDER LE FATALISME
Le XXIe siècle a connu récemment d’exaltantes découvertes en physique quantique et en astrophysique qui invitent à intégrer de nouvelles idées dans notre manière d’envisager l’univers. Cette physique renouvelle notre approche philosophique de la condition humaine car elle décrit le mode d’emploi de nos pensées et de nos actions quotidiennes.
Un nouveau paradigme est en train d’émerger. En somme, elle dit que la réalité reflète notre pensée. Un ouvrage récent du philosophe Harmut Rosa(2) parle de «la résonance comme une forme de relation au monde associant affection et émotion, dans laquelle le sujet et le monde se transforment mutuellement».
Il est sans doute utile de rappeler que les études qui s’intéressent à l’intrication des conscients collectifs sont nombreuses mais encore très peu vulgarisées pour le grand public. Ces recherches sortent des sentiers battus et ont tendance à s’écarter des voies classiques pour percer davantage le mystère du monde conscient et inconscient. «Au-delà de nos identifications de citoyenneté, de religion, de l’identification à nos origines ancestrales et géographiques, nous devons aller à la rencontre de notre être profond. Que de haines évitées, que de violences évitées, que d’attentats évités, que de guerres évitées si chacun d’entre nous s’identifiait à son être plutôt qu’à son origine sociale, culturelle et religieuse».(3)
Pour conclure, il est utile de mentionner que les sciences cognitives, les neurosciences et l’imagerie cérébrale offrent davantage d’outils pour remettre en cause certaines conclusions stéréotypées ou très souvent bâclées. L’accumulation de connaissances de phénomènes mentaux montre le chemin pour ceux qui veulent décider d’un autre avenir en dehors de celui qui n’a jamais dépassé la perspective d’un horizon bouché.
La Révolution du sourire devient un patrimoine conscient et viral. Elle est en train de doter en vrac chaque Algérienne et Algérien d’un logiciel de raisonnement fait de savoir, connaissances, prise de conscience, dialogue et civilité. Mais, également, d’envie de transcender le fatalisme et accepter de perdre un peu (beaucoup) de sa peur viscérale des idées qui ne lui conviennent pas. En somme, la générosité de la pensée, la volonté de l’action et le rêve concret d’une Algérie une et multiple fait déjà son chemin cérébral. Ceci est l’avenir de la Silmiya «la révolution mentale» dont le seul garant est le peuple devenu, comme par enchantement, une nation civilisée autodidacte.
 
 
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Notes :
1. Rieff David, «Optimistes et pessimistes sont engagés dans un dialogue de sourds», Le Monde du mardi 14/08/2018, p20
2. Harmut Rosa, Résonance, une sociologie de la relation au monde. Edition la découverte, 2013. 536p
3. Autodidacte, Daniel Luccan a évolué de l’engagement social à la prise de conscience spirituelle en découvrant Gandhi et les Sagesses d’Extrême-Orient. Suite à la rencontre avec un maître spirituel hindou, il a consacré sa vie au travail d’éveil de la Conscience intérieure par la méditation. La cohabitation pendant 4 ans avec des chercheurs physiciens du CNRS lui a permis de construire des passerelles entre physique quantique et conscience.






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Zoubida Berrahou. Docteure en économie : La force de la révolution citoyenne est son avenir ! Empty Re: Zoubida Berrahou. Docteure en économie : La force de la révolution citoyenne est son avenir !

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26 AVRIL 2019 À 9 H 00 MIN
 
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Zoubida Berrahou est maître de conférences en management des organisations à l’Université de Mascara. Chercheure associée à la chaire de management stratégie et société de HEC Montréal, ses recherches interdisciplinaires s’intéressent à la gouvernance des organisations. Également coach et conférencière en développement personnel, elle a exercé auprès d’entreprises publiques (formation et consulting).
 
«Tout pays n’aura que le visage que sa jeunesse aura décidé de lui donner».  Tahar Djaout
Tout a commencé un vendredi 22 février. Personne ne l’a vu venir, mais c’est arrivé. Depuis de jour-là, la société algérienne avec ses composantes générationnelles, ses catégories sociales et sa mosaïque juvénile marchent chaque vendredi dans la rue en scandant, en chantant et en exprimant leur ras-le-bol généralisé de ces gouvernants qui n’ont que trop abusé du silence et de la colère contenue de leur peuple.
Ces manifestations du vendredi Silmiya sont aussi émotives qu’émotionnelles. Une fièvre pour la chose politique, un crépitement de divergences-convergences, puis un sursaut combatif qui réunit les plus rétifs et réticents des citoyens aux plus chevronnés d’entre eux. Alors tout le monde se demande : mais que s’est-il passé ?
Inventeurs de révolution
Il se passe que tout simplement les habitants de l’Algérie, ce pays plusieurs fois millénaire, se sont enfin réunis sous les luminaires de leur histoire commune alors qu’ils n’ont été de cesse dispersés à travers les temps. Une révolution n’a que le cachet de l’époque dans laquelle elle se déroule. On aura beau chercher des similitudes à travers l’histoire – et certainement elles existent entre les époques rapprochées – mais il y aura sans doute prescription dans la comparaison quand le déjà-vu et vécu d’un peuple aura bonifié le capital «enseignement à tirer des expériences du passé».
Les Algériens sont des vétérans en matière de révolution. Ils sont uniques, justement parce qu’ils inventent les révolutions et ne les copient jamais. Ce sont les autres qui les plagient, parfois longtemps après ! Repensons à la guerre d’indépendance !
Qui a fait ça avant eux et comme ça ? Qui a fait ça après eux ? Là, les réponses fusent et nous ramènent à «Alger, Mecque des révolutionnaires». Repensons à Octobre 88 ! Ce peuple est tellement spécial qu’il a inventé le Printemps arabe avant l’heure.
Vingt ans après, il se le fait piquer parce que les Algériens ont oublié d’enregistrer les droits d’auteur, occupés qu’ils étaient à panser leurs frayeurs et traumatismes alors que le monde, et pas seulement arabe, leur tournait le dos.
Et voilà que les enfants de Djamila Bouhired remettent ça encore une fois ! Non, ce n’est pas un Printemps arabe, même si l’Algérie est le seul pays arabe à avoir atteint le 21 mars arable sans que la terre soit tâchée de sang.
Les Algériens n’ont pas inventé les smartphones ou les énergies renouvelables, mais ils savent faire bon usage des premiers pour canaliser les secondes dans le but de faire réfléchir, ou plutôt fléchir, un pouvoir qui a trop dormi sur les puits de pétrole jusqu’à ne pas s’apercevoir que sa jeunesse était passée à l’ère virale des faux cils des influenceuses en ignorant totalement celle de l’influence des fossiles qui sentent l’âge du dinosaure.
DU CIVISME à L’ÉTAT DE DROIT
Citoyens de la Terre, voici la dernière-née des révolutions durables ! La Révolution du sourire, de la paix, de la civilité et surtout celle du courage de se parler en face. Les Algériennes et Algériens vont crever leurs abcès sociétaux que les gouvernants successifs ont fait exprès de rafistoler par des interventions caduques afin de les laisser dans la rage de la dent contre l’autre.
Ce pays a grand besoin d’un stomatologue du dialogue pour soigner les mots qui violentent l’interlocuteur différent, ainsi que d’un arracheur de dents pour extraire un à un les indéboulonnables du système politique au pouvoir. Oui, les Algériens sont un et multiples à la fois. Unis dans le ras-le-bol, l’espoir, le combat et l’entraide. Multiples et diversifiés sur toutes les questions sociétales telles que la place de la religion, le code de la famille, l’arabité, l’amazighité, la tenue vestimentaire, les pratiques culinaires, etc.
La simple évocation de ces sujets a de tout temps provoqué polémiques et tensions, ils ressurgissent maintenant alors que dans ce moment crucial l’union est demandée. Ces divisions peuvent se résoudre et elles le seront lorsque sera bâti un Etat de droit, fort et protecteur pour chaque spécificité de la société algérienne. Dans le respect, l’écoute, l’acceptation et l’échange, la société se «désinfectera» d’elle-même, une fois les blocages institutionnels levés.
Ce pays est assez vaste pour accueillir toutes les diversités, pourvu qu’elles adoptent un comportement civilisé et c’est pour cela qu’il y a manifestation chaque vendredi, n’est-ce pas ? Silmiya, silmiya ! Le civisme mène à un Etat de droit et un Etat de droit produit davantage de civisme.
Lors des manifestations du vendredi, une pancarte disait aux gouvernants : «Nous vous connaissons bien mais vous, vous ne nous connaissez plus». Leur logiciel de connaissance du peuple est hors-circuit depuis au moins vingt ans. Même l’obsolescence programmée, pourtant sésame de l’industrie, est en train de disparaître et ils nous offrent perpétuellement l’arrogance commandée.

L’intelligence du peuple a migré vers la planète cybernétique quand le sommet de l’Etat se croit encore dans les années soixante ! Réveillez-les ! Dites-leur que le moral des Algériens est en feu, leur ciel est rempli d’étoiles. La Révolution du sourire sera à la fois espoir et optimisme pour ce peuple qui n’y croyait plus et donc a cessé de croître. A présent, il fait confiance à l’impossible car justement maintenant, plus que jamais, c’est possible.
A-T-ON LE DROIT DE RÊVER ?
De plus en plus de recherches suggèrent que les pays qui réussissent sont ceux dont les populations sont optimistes, qui ont la capacité de rêver, d’imaginer un autre destin que celui imposé par l’incapacité d’agir. L’optimisme a des vertus sur la santé et l’énergie des personnes. Il enclenche un dynamisme, moteur essentiel du bien-être de la société. Ce dernier fait l’objet d’un intérêt particulier pour les adeptes de l’économie du bonheur qui le présentent ainsi : «Le critère du bien-être subjectif serait démocratique, il tiendrait compte des opinions du peuple, à l’intérieur d’une nation, et non des experts ou des puissances extérieures» (Diener et Oishi, 2005).
L’écrivain, analyste politique et grand reporter, David Rieff, explique que les Etats-Unis sont un pays où la conviction que le présent est meilleur que le passé et l’avenir meilleur que le présent, constitue un prérequis idéologique et émotionnel conditionnant les bonnes perspectives de réussite, même dans les heures les plus sombres.(1) Goethe disait : «Renaisse l’espérance, l’activité reprend aussitôt». Justement, cet optimisme n’est pas que posture d’attente en espérant que les bonnes choses arrivent d’elles-mêmes. C’est une posture mentale positive qui n’ignore pas les difficultés mais focalise sur ce qui peut marcher.
Le destin collectif d’un pays est déterminé par les pensées du collectif. Si elles fusionnent dans le même ordre en étant portées par un combat commun, elles produisent un effet combiné. Si ces pensées sont négatives, elles auront une issue déplorable. Mais quand elles sont positives, c’est l’espoir qui renaît et avec lui de belles réalisations. Boris Cyrulnik, éthologue et neuropsychiatre rappelle que «le principal organe de la vision, c’est la pensée, on voit avec nos idées».
Aussi, le pessimisme ou l’optimisme n’ont rien à voir avec la réalité, ils sont fonction de la représentation qu’on se fait du réel. Beaucoup de personnes ont une définition erronée du rêve ! Souvent on entend cette phrase : a-t-on le droit de rêver en Algérie ? A cette phrase, il n’y aura toujours qu’une seule réponse : plus que jamais, le rêve n’existe que parce que tout paraît difficile.
PENSER DANS L’ACTION
Une autre question se pose également : est-ce que notre culture permet d’être acteur de sa vie, de rêver, de sortir des sentiers battus ? Il est vrai que pour se projeter dans l’avenir, il y a des prérequis incontournables : la liberté de penser, la possibilité de l’initiative et, surtout, de l’imagination. Ces qualités sont a priori bannies de la culture ambiante. Mais la révolution citoyenne est en train de détruire ces prisons mentales. Jamais l’Algérie n’a bénéficié de conditions aussi favorables que durant cette phase de maturité politique et de prise de conscience collective.
En se mettant en phase avec cet esprit, les individus commencent à agir. Cette culture va se propager avec l’imitation spontanée. Le mode de pensée qui régit les croyances fatalistes, comme quoi on n’est pas acteur de sa vie et de son destin, va être refaçonné. Chacun reprend le contrôle de son cerveau en lui permettant d’être plus en phase avec son époque pour le libérer des blocages intérieurs, accepter de sacrifier un peu de son confort idéologique pour donner une place à la pensée différente car elle peut être édifiante dans le commun civil et civilisé revendiqué.
Tant que le scénario de ce destin radieux est synchronisé dans les têtes et qu’aucun fléchissement n’est observé dans le temps, les actions ne seront que l’instrument de ce qui a été décidé communément. On rappellera que pour Hannah Arendt : «Penser ne se conçoit qu’à travers l’action et l’engagement».
Tout au long du XXe siècle, les sciences de l’homme ont aidé considérablement à comprendre les ressorts psychologiques et psychosociologiques au fur et à mesure de la formation des sociétés humaines. D’un côté, il y a l’éthologie (étude des comportements), l’anthropologie (l’analyse des mœurs, des us et coutumes, ainsi que des structures familiales), la sociologie (la compréhension des groupes humains) et tant d’autres disciplines qui tentent de percer un tant soit peu les mystères qui entourent les humains et leurs interactions spatiotemporelles.
TRANSCENDER LE FATALISME
Le XXIe siècle a connu récemment d’exaltantes découvertes en physique quantique et en astrophysique qui invitent à intégrer de nouvelles idées dans notre manière d’envisager l’univers. Cette physique renouvelle notre approche philosophique de la condition humaine car elle décrit le mode d’emploi de nos pensées et de nos actions quotidiennes.
Un nouveau paradigme est en train d’émerger. En somme, elle dit que la réalité reflète notre pensée. Un ouvrage récent du philosophe Harmut Rosa(2) parle de «la résonance comme une forme de relation au monde associant affection et émotion, dans laquelle le sujet et le monde se transforment mutuellement».
Il est sans doute utile de rappeler que les études qui s’intéressent à l’intrication des conscients collectifs sont nombreuses mais encore très peu vulgarisées pour le grand public. Ces recherches sortent des sentiers battus et ont tendance à s’écarter des voies classiques pour percer davantage le mystère du monde conscient et inconscient. «Au-delà de nos identifications de citoyenneté, de religion, de l’identification à nos origines ancestrales et géographiques, nous devons aller à la rencontre de notre être profond. Que de haines évitées, que de violences évitées, que d’attentats évités, que de guerres évitées si chacun d’entre nous s’identifiait à son être plutôt qu’à son origine sociale, culturelle et religieuse».(3)
Pour conclure, il est utile de mentionner que les sciences cognitives, les neurosciences et l’imagerie cérébrale offrent davantage d’outils pour remettre en cause certaines conclusions stéréotypées ou très souvent bâclées. L’accumulation de connaissances de phénomènes mentaux montre le chemin pour ceux qui veulent décider d’un autre avenir en dehors de celui qui n’a jamais dépassé la perspective d’un horizon bouché.
La Révolution du sourire devient un patrimoine conscient et viral. Elle est en train de doter en vrac chaque Algérienne et Algérien d’un logiciel de raisonnement fait de savoir, connaissances, prise de conscience, dialogue et civilité. Mais, également, d’envie de transcender le fatalisme et accepter de perdre un peu (beaucoup) de sa peur viscérale des idées qui ne lui conviennent pas. En somme, la générosité de la pensée, la volonté de l’action et le rêve concret d’une Algérie une et multiple fait déjà son chemin cérébral. Ceci est l’avenir de la Silmiya «la révolution mentale» dont le seul garant est le peuple devenu, comme par enchantement, une nation civilisée autodidacte.
 
 
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Notes :
1. Rieff David, «Optimistes et pessimistes sont engagés dans un dialogue de sourds», Le Monde du mardi 14/08/2018, p20
2. Harmut Rosa, Résonance, une sociologie de la relation au monde. Edition la découverte, 2013. 536p
3. Autodidacte, Daniel Luccan a évolué de l’engagement social à la prise de conscience spirituelle en découvrant Gandhi et les Sagesses d’Extrême-Orient. Suite à la rencontre avec un maître spirituel hindou, il a consacré sa vie au travail d’éveil de la Conscience intérieure par la méditation. La cohabitation pendant 4 ans avec des chercheurs physiciens du CNRS lui a permis de construire des passerelles entre physique quantique et conscience.






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