«Auteure», «autrice», «écrivaine»: quelle orthographe employer ?

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Message  Azul le Jeu 31 Jan - 16:48

«Auteure», «autrice», «écrivaine»: quelle orthographe employer ?
À l'occasion de la journée des droits des femmes, Le Figaro s'est penché sur la féminisation du mot auteur.
Par Alice Develey
Publié le 07/03/2018 à 09:57


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De gauche à droite, Monica Sabolo, Véronique Olmi, Brigitte Giraud et Alice Zeniter. Joël Saget/Miguel Medina/François Lo Presti/ AFP




Elles sont femmes et écrivains. Des personnes de sexe féminin qui ont pris la plume pour écrire les mots. Comme leurs homologues masculins, à une exception près tout de même! Certaines disent ne pas avoir une qualification claire de leur métier. L'offre est en effet pléthorique. Faut-il les appeler «auteure», «autrice», «auteresse» ou «écrivaine»? Pourquoi ne pas conserver le mot «auteur» pour parler d'une femme?
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La multiplication des noms féminins pour désigner le métier d'auteur interroge. Que disent les linguistes? les dictionnaires? Le Figaro fait le point sur ces expressions du quotidien grâce à l'académicien Frédéric Vitoux, le linguiste Bernard Cerquiglini et le lexicologue Edouard Trouillez.
● Auteure, autrice
Du latin auctor «celui qui accroît, qui fonde», le mot auteur s'est d'abord rencontré sous la forme auctur, «écrivain» et autor «celui qui est à l'origine de» au XIIe siècle avant de prendre la forme «auteur», au XVIIIe siècle, note le Trésor de la langue française. Mais qu'en est-il de son féminin?
Autrefois note l'académicien Frédéric Vitoux, «il était d'usage d'employer le mot “autrice“, comme on le faisait du féminin d'acteur, “actrice“. Cela entrait en cohérence avec sa racine latine». Le mot bien que jugé «laid» pour certains fut ainsi usité jusqu'au début du XVIIe siècle. Et, cela fut le cas également des mots «auteresse» et «authoresse», précise le Trésor de la langue française.
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«Autrice était employé dans le sens de créatrice», explique Bernard Cerquiglini, dont le prochain ouvrage Le ministre est enceinte, (Seuil) prévu en septembre traite de la question de la féminisation des noms de métier. «On parlait par exemple “d'une reine autrice de la paix“. Néanmoins, quand la notion d'auteur féminin est apparue au XVIIe siècle, les puristes ont refusé de donner le titre d'écrivain aux femmes. Le mot “autrice“ a alors été condamné et a fini par disparaître. La question n'était pas linguistique mais sociale.»
Qu'en est-il alors aujourd'hui?
Pour l'académicien Frédéric Vitoux, «il est normal, au regard de la place des femmes dans la société aujourd'hui, de leur donner une place dans les usages quotidiens. Dans le cas du mot essayiste, qui est un terme épicène, la question ne se pose pas. Il s'emploie à la fois pour un homme mais aussi pour une femme. Le mot “auteure“, en revanche, pose davantage de problèmes.»
«J'éviterai d'employer le mot «auteure» car il n'entre pas avec la morphologie de la langue. Les mots français qui se terminent en «-eure» sont très rares. Pourquoi donc ne pas écrire «une auteur»? Il existe plein de mots faisant leur féminin en «-eur». C'est le cas par exemple de «douceur», «odeur», etc.» Frédéric Vitoux précise que sa parole n'est en aucun cas absolue. «Si l'usage majoritaire décide de garder le mot «auteur», ce sont les locuteurs qui auront la parole. Le dictionnaire de l'Académie française prendra acte et passera le mot au féminin.»
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Le linguiste Bernard Cerquiglini, par exemple, est de ceux à avoir accepté le mot «auteure». «Cette invention québécoise datant du début des années 2000 me semble très bien. On trouve ce suffixe dans les mots «supérieure», «prieure», «professeure», etc. La terminaison en «-eure» ne s'entend pas à l'oral, le terme paraît donc moins agressif qu'«autrice».
Le Petit Robert a néanmoins intégré le mot dans ses colonnes. «La forme féminine entrée dans notre dictionnaire est “autrice“», indique Edouard Trouillez. On peut en effet y lire «Auteur, nom masculin, rare Autrice, nom féminin». Le lexicologue précise toutefois que le mot «auteure» reste envisageable. Le thésaurus note: «On trouve aussi “une auteure“ sur le modèle du français du Canada.»
● Écrivaine
D'un latin populaire scribanem, accusatif de scriba «greffier, scribe», l'écrivain est à l'origine, au XIIe siècle, un «copiste». Il devient «le scribe de sa propre production» un siècle plus tard. Signification qui nous est restée depuis lors. Mais qu'en est-il là aussi de son féminin? S'il ne faut ni employer le mot «écriveuse» qui signifie «celle qui aime écrire», ni «écrivinerie», lieu où écrit l'écrivain, que faut-il employer?
Pour Frédéric Vitoux, le mot «paraît de mauvaise langue» et préfère ne pas l'employer. Bernard Cerquiglini, au contraire, apprécie l'invention canadienne. «Il s'agit comme du mot auteur, d'un néologisme, donc il choque. Mais la monnaie est très neuve! Il est nécessaire de l'user pour s'y habituer.» Sur ce point, Le Petit Robert ajoute sa pierre à l'édifice.
«Le dictionnaire accepte le mot “écrivaine“ au féminin et précise “qu'il est courant en français du Canada mais également en France“» indique Edouard Trouillez avant de préciser «la démarche du Petit Robert est descriptive et non prescriptive. Si une forme s'impose dans les usages, on l'intégrera dans nos colonnes.»
Le terme est déjà bien parti pour ne plus quitter le paysage français. Des écrivaines, telle Annie Ernaux l'ont déjà intégré dans leurs ouvrages. «Vous verrez, conclut Bernard Cerquiglini, dans quelques années, les usages ne seront plus aussi réticents à l'employer. C'est une question de temps.»
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Message  Azul le Jeu 31 Jan - 16:49

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