votre agression a été l'élément principal de mobilisation de la marche historique du livre le 22 juillet 2017 à Aokas. Ghilas Ainouche

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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:16

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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:16

votre agression a été l'élément principal de mobilisation de la marche historique du livre le 22 juillet 2017 à Aokas , racontez-nous comment vous avez vécu ces événements ?

Je n’aime pas trop les symboliques. Mais quand on me parle de ce qui s’est passé, je raconte. Je suis surpris qu’on me tabasse pour des dessins.

Imaginez 300 personnes dans la salle et les CRS qui ont sorti tout le monde sauf moi. Un type leur a dit « R’khis hadhak diweh !» j’ai cru qu’ils voulaient juste me parler. ils ont commencé directement à me taper dessus, ils étaient quatre en criant : «dessine maintenant ! ». je ne comprenais plus rien. Entre parenthèses, trouvez-moi un seul de mes dessins pour lequel je méritais d’être agressé, tabassé, licencié, emprisonné... Vous ne trouverez aucun !

Mais ce que je retiens après ce tabassage, c’est le courage de la population d’Aokas et des organisateurs qui ont vu ce qui s’est passé à mon encontre. ils n’ont pas laissé faire et je les remercie pour cela. C’est ce qui a déclenché une émeute. Je suis pacifiste, j’aime pas la violence. J’ai été à l’hôpital, j’entendais le bruit des bombes lacrymogènes dehors. C’était le député Braham Bennadji qui m’a évacué vers l’hôpital en urgence. Je bougeais difficilement de plus en plus.

Mais grâce aux gens présents qui m’ont pris en photos et qui ont vu le mauvais comportement des CRS à mon égard, ils ont vite fait de les diffuser sur les réseaux sociaux. Il y avait aussi la vidéo faite en direct, qui a été vue par des milliers de personnes, dès ma sortie de l’hôpital par le journaliste Abdelouahab Moualek de Béjaïa-News.

C’est ce qui a suscité l’indignation générale aussi bien en Algérie qu’à l’étranger.

Suite à cela, y a eu l’organisation de la marche historique du livre le 22 juillet 2017 où des milliers de personnes sont venus à Aokas, avec ma participation. C’est retenu par l’histoire car à partir de là, les conférences ont repris normalement.

Être tabassé peut arriver à n’importe qui et ce jour-là, c’était moi ! 
Mais ce n’est pas ça que je veux qu’on retienne de moi, le dessinateur tabassé, licencié ou menacé à cause de ses dessins. Ce que je veux qu’on retienne de moi, c’est juste la qualité de mon travail et qu’on dise que « Aïnouche est un dessinateur de talent ! » C’est tout ! Autre chose, c’est en plus, rien que du détail !

https://soummamexpress.com/a-la-une/interview/ghilas-ainouche-a-soummam-express-90-des-journaux-font-du-commerce.html?fbclid=IwAR05v0sKRe7xP6Mdue807gA0o1CzyePRwj4PpgH3PAAklrS7ljcOWqDMupg
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:16

Fatah Bouhmila J'ai reçu le premier coup de matraque. J'ai gardé la large zébrure sur le dos pendant un mois. Je suis sorti le premier pour déplacer mon véhicule qui était garé juste à côté du centre culturel, parallèlement aux vitres de la salle des conférences. J'ai senti que ça allait barder et que ma voiture allait morfler à coup sûr, combien même les jeunes qui avaient caillassé les fourgons m'aimaient bien
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:17

Reda Kasmi Les deux événements, émeutes du 22 et la marche du 29 juillet, n'étaient pas à cause du tabassage d'Ainouche. Tout en saluant son courage, Ainouche n'était qu'un détail parmi d'autres de ces événements.
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:17

Hacene Zidani J'ai eu le privilège de faire parti du collectif des associations qui a organisé le forcing pour la tenu de la conférence du 22 juillet qui a connu l'intervention des services de sécurité dont a été victime notre cher caricaturiste Ainouch 
Moi même j'étais à l'intérieur de la salle et j'ai échappé belle.
Des réunions marathon du même comité associé à l'interpellation du wali par les deux députés Braham bennadji et Khaled Tazaghart ,ont abouti à la grande marche pacifique et historique du 29 Juillet ,cette dernière a libéré les cafés littéraires de notre wilaya.
Le mérite revient à tous les citoyens d'Aokas et d'ailleurs, aux élus et à tous les militants avides de liberté et de justice .
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:17

Smael Derg c'est des batards ,ils aiment se défouler sur les gens ! si la population leur tombe dessus avec des matraques ,ils pourront comprendre la douleur !
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:17

Chabane Lounis A dire que c’est à cause de ça qu’il y a eu la marche du 29 c’est faire de l’ombre sur le sujet de la marche et de la mobilisation qui s’en est suivie. Il y a eu un travail de fond qui a été fait par un collectif d’association et des gens dévoués. Par ailleurs, il y a eu beaucoup de victimes, y en a même qui ont pris des balles en caoutchouc.
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:18

[size=42]Ghilas Aïnouche à Soummam Express : «90% des journaux font du commerce»[/size]
 La rédaction Interview  18 novembre 2018  Affichages : 42478

votre agression a été l'élément principal de mobilisation de la marche historique du livre le 22 juillet 2017 à Aokas. Ghilas Ainouche Ainouche-full
Ghilas Ainouche, caricaturiste algérien



Soummam Express : Qui est Ghilas Aïnouche ?

Ghilas AÏNOUCHE : Je suis un simple citoyen et dessinateur de presse qui est né le 10 octobre 1988 à Sidi-Aïch (Béjaïa), juste après les événements de 88. Je vis la plupart du temps en Algérie. Je dessine depuis tout petit déjà. J’aime exprimer mes idées, commenter l’actualité à travers les dessins. Mon rêve depuis mon enfance est de devenir dessinateur de presse professionnel et de travailler dans un grand journal.

Pour moi, y a pas mieux que de vivre de sa passion et de ce qu’on aime pour donner le meilleur de soi-même. Le dessin de presse que j’appelle un métier-passion, je le fais par plaisir, par amour. Je ne me sens pas en train de travailler, mais en train de m’amuser et de m’éclater.

Je n’aime pas l’injustice et tout ce qui va de travers. Quand quelque chose me dérange ou ne va pas pour le mieux au niveau national ou international, le dessin me permet d’évacuer le stress et la pression, c’est aussi une sorte d’échappatoire… C’est ce qui me défoule utilement. Même si j’ai fait des études universitaires et d’autres formations, je ne peux m’imaginer faire autre chose que la caricature. C’est ma vie, c’est ma personnalité, c’est ma passion, c’est ma raison d’être. J’ai sacrifié beaucoup de choses pour cette passion. Actuellement, je publie mes dessins quotidiennement sur mon site ghilasainouche.com et je suis toujours pigiste à Charlie hebdo.

Le fait de grandir dans une famille d'artistes n'a-t-il pas influencé votre carrière ?

Sûrement, même si ça n’a rien à voir avec le dessin. J’ai fait du théâtre, de la poésie, de la chanson depuis l’âge de 7 ans à 14 ans. Mais je dessinais tout le temps en parallèle. L’avantage avec mon père dès qu’il a vu que j’ai un don pour le dessin, il a tout mis à ma disposition : des rames de papier, des marqueurs, des crayons, des BD, des livres pour apprendre à perfectionner le dessin… Il a tout fait pour moi. Ma mère aussi surveille tout ce que je dessinais et elle m’encourageait à continuer. Ça c’était avant même mon entrée à l’école.
L’avantage aussi avec le théâtre, on le faisait en famille. En duo avec ma sœur Dihya, mon père nous écrivait les scénarios. On faisait beaucoup de tournées à l’époque, on a sillonné plusieurs régions de Kabylie. Avec la production de deux albums, nous étions très connus à l’époque dans la région. Dommage, en ces temps-là, y a pas eu les réseaux sociaux et beaucoup de vidéos pour voir nos produits. J’ai fait ça jusqu’à l’âge de 14 ans.


J’ai aussi pratiqué le football dans toutes les catégories : Minime, Cadet, Junior et quelque temps en Sénior mais j’ai dû arrêter à cause du BAC, que j’ai d’ailleurs raté en 2007 car le planning était trop chargé : études, football, dessin, cours de soir… Je n’avais plus assez de temps à consacrer aux études. Il a fallu attendre 2008 pour décrocher mon BAC qui ne m’a servi à rien, d’ailleurs ! (Rire)

Votre talent a été reconnu par les USA qui vous ont même invités chez eux mais rarement récompensé dans votre propre pays?

Ce n’est pas seulement aux USA qu’on m’a invités !

 Je ne peux pas obliger les gens de mon pays d’aimer ou de reconnaitre mon travail.

 Je suis flatté qu’on reconnaisse mon talent ailleurs. En même temps, je suis triste qu’outre-mer, on me traite comme un grand dessinateur, une star et comme quelqu’un d’une grande valeur alors que chez nous, je suis un bon à rien, aucune valeur... On m’accorde aucune considération. C’est ce qui fait mal ! En Algérie, on ne m’a jamais invité dans un festival ou cérémonie officielle. Et dire qu’ils invitent des chanteurs, des comédiens et même d’autres dessinateurs… Mais moi, jamais ! Pour votre information, pour 2019, mon agenda porte déjà les invitations de 4 pays pour des expositions, conférences ou autres.

En Algérie, on m’a diabolisé car je suis pigiste à Charlie. Aussi, je dessine tout sans tabou : sexe, religion, racisme… Y a pas de ligne rouge chez moi, même si c’est juste de l’humour, y a pas de méchanceté, de haine ou racisme dedans, c’est de second degré. Malheureusement, en Algérie, on n’a pas encore cette culture de comprendre une caricature et d’accepter que quelqu’un réfléchisse différemment.

 Maintenant, grâce aux réseaux sociaux, tout le monde a pu découvrir mon travail.

J’ai une boîte de com, j’ai un site, c’est là que je publie mes œuvres. J’ai tout fait dans le respect des lois… Si mes dessins ne sont pas de leurs goûts, ils n’ont qu’à les zapper, c’est simple ! Sinon, instaurons un débat serein et civilisé. Je n’ai jamais forcé quelqu’un à voir mes caricatures.

Mon seul souhait pour le moment est qu’on me laisse travailler tranquillement, en toute sécurité et sans inquiétude pour arriver à vivre de ma passion.

votre agression a été l'élément principal de mobilisation de la marche historique du livre le 22 juillet 2017 à Aokas , racontez-nous comment vous avez vécu ces événements ?

Je n’aime pas trop les symboliques. Mais quand on me parle de ce qui s’est passé, je raconte. Je suis surpris qu’on me tabasse pour des dessins.

Imaginez 300 personnes dans la salle et les CRS qui ont sorti tout le monde sauf moi. Un type leur a dit « R’khis hadhak diweh !» j’ai cru qu’ils voulaient juste me parler. ils ont commencé directement à me taper dessus, ils étaient quatre en criant : «dessine maintenant ! ». je ne comprenais plus rien. Entre parenthèses, trouvez-moi un seul de mes dessins pour lequel je méritais d’être agressé, tabassé, licencié, emprisonné... Vous ne trouverez aucun !

Mais ce que je retiens après ce tabassage, c’est le courage de la population d’Aokas et des organisateurs qui ont vu ce qui s’est passé à mon encontre. ils n’ont pas laissé faire et je les remercie pour cela. C’est ce qui a déclenché une émeute. Je suis pacifiste, j’aime pas la violence. J’ai été à l’hôpital, j’entendais le bruit des bombes lacrymogènes dehors. C’était le député Braham Bennadji qui m’a évacué vers l’hôpital en urgence. Je bougeais difficilement de plus en plus.

Mais grâce aux gens présents qui m’ont pris en photos et qui ont vu le mauvais comportement des CRS à mon égard, ils ont vite fait de les diffuser sur les réseaux sociaux. Il y avait aussi la vidéo faite en direct, qui a été vue par des millions de personnes, dès ma sortie de l’hôpital par le journaliste Abdelouahab Moualek de Béjaïa-News.

C’est ce qui a suscité l’indignation générale aussi bien en Algérie qu’à l’étranger.

Suite à cela, y a eu l’organisation de la marche historique du livre le 22 juillet 2017 où des milliers de personnes sont venus à Aokas, avec ma participation. C’est retenu par l’histoire car à partir de là, les conférences ont repris normalement.

Être tabassé peut arriver à n’importe qui et ce jour-là, c’était moi ! 
Mais ce n’est pas ça que je veux qu’on retienne de moi, le dessinateur tabassé, licencié ou menacé à cause de ses dessins. Ce que je veux qu’on retienne de moi, c’est juste la qualité de mon travail et qu’on dise que « Aïnouche est un dessinateur de talent ! » C’est tout ! Autre chose, c’est en plus, rien que du détail !


Que pensez vous de ces cafés littéraire qui naissent comme des champignons dans notre wilaya suite aux tentatives du pouvoir de les réprimer ?

Je suis très content pour ça. Même si les autorités tentent encore de les interdire de temps à autre.

C’est avec les débats et les dialogues qu’on avance. La liberté d’expression et de pensée sont sacrées, des droits à arracher.

Quand j’ai le temps, je ne rate aucun café littéraire, aucune conférence. Je suis un homme de terrain. Je ne fais pas que dessiner.

Le pouvoir semble avoir peur mais pour rien des cafés littéraires ! Il sait pertinemment qu’une simple conférence ne risque pas de le déstabiliser ou de menacer les intérêts en jeu. Il les interdit juste pour détourner l’opinion publique sur les vrais problèmes, pour concentrer nos efforts à régler de faux problèmes que sont les conférences.

Depuis 2011, j’étais au café littéraire de Béjaïa, je faisais des dessins en direct dans plus de 80 conférences sans autorisations jusqu’en 2015. Ça se passait dans de très bonnes conditions, que ce soit au TRB de Béjaïa ou à l’université de Béjaïa. Du jour au lendemain, pour le pouvoir, les conférences sont devenues dangereuses en Algérie. C’est de la foutaise !

Vous êtes licenciés de TSA et d'autres journaux hésitent de vous prendre car vous ne vouliez pas négocier votre liberté d'expression et de  création ce qui vous a poussé a créer votre propre journal électronique ?

Menacé pour des dessins, tabassé pour des dessins, licencié pour des dessins… J’en parle, mais je ne veux pas être encore une fois connu pour ça car on oublie mon vrai travail. Mais je suis obligé de raconter, juste pour l’histoire, pour dénoncer l’injustice. 
Pour ce journal en ligne que vous avez cité, leur site est bloqué à cause de moi, c’est-à-dire de mes dessins. Surtout celui que j’ai publié sur Facebook le 1er octobre 2017. Le site est bloqué le 5 octobre 2017. Pour eux, la cause du blocage du site, c’était moi. Donc, pour que le site soit débloqué, je devais être licencié. Bref, ces histoires de tabassage et de licenciement sont connues, je vais pas encore m’étaler dessus…


 Jacques Martin a fait un AVC deux jours après avoir été viré sans ménagement de son émission… Y en a d’autres cas. Heureusement, j’ai un fort caractère et des gens autour de moi qui m’ont soutenu moralement et financièrement. Le jour où le site est débloqué, je reçois un message que je suis viré. Sans me prévenir, sans indemnité, sans rien… On dirait qu’on est des robots, on n’a pas de sentiments, de projets…  je me suis retrouvé dans une situation catastrophique du point de vue financier… Ils m’ont mis dans la merde la plus totale. Ils n’ont eu aucun sentiment, ils s’en foutaient de ma personne. Ils ont voulu me faire taire et ils m’ont privé de ma seule source financière. Qu’est-ce que ça veut dire ? « Tais-toi et meurs de faim ! »

Pour les autres journaux algériens, franchement, je ne crois plus à la presse algérienne. Pour moi, la majorité des patrons, c’est des commerçants. Ils ne s’intéressent qu’à l’argent de la pub, s’enrichir le plus vite possible, ils s’en foutent de la qualité de leurs publications, ils s’en foutent d’avoir ou pas un dessinateur de presse... L’essentiel qu’ils ne dérangent pas les haut placés, c’est-à-dire leurs amis.

Mais heureusement, y a les réseaux sociaux. Ces journaux chiffons, ils se lisent de moins en moins ! Pour moi un journal qui n’apporte pas l’info exacte et vérifiée et qui n’est pas crédible dans ce qu’il écrit, c’est un chiffon. C’est de la merde ! 90% des journaux en Algérie, c’est de la merde ! Aucun professionnalisme !

Citez-moi les journaux algériens papier qui ont parlé de mon licenciement ? presque aucun et pourtant leurs journalistes m’ont interviewé mais ils ont censuré leurs interviews. Les patrons de ces journaux se sont montrés solidaires avec le patron qui m’a licencié. Même certains journaux en ligne, ils sont pareils… Encore, citez-moi les journaux algériens papier qui ont parlé de mon tabassage à Aokas ? presque aucun ! Si vous n’êtes pas ami avec les patrons de ces journaux, ils ne vont pas parler de vous. C’est ça la solidarité de la corporation ? C’est ça le journalisme ? C’est ça l’objectivité ? C’est ça la crédibilité ? C’est ça la déontologie journalistique ? Inaâdin la presse comme celle-là !

On a de très bons journalistes, de très bons dessinateurs de presse, de très bons chroniqueurs mais pas de bons journaux ! Ils les laissent pas travailler librement ! J’assume ce que je dis, je suis bien placé pour le dire. J’ai travaillé avec ces journaux de longues années, j’ai beaucoup d’amis qui travaille encore avec eux, ils ne peuvent pas dire ce que je dis par peur de perdre leurs postes mais je suis là pour le dire à leur place ! Les deux seuls avantages de ces torchons, c’est qu’ils nourrissent certaines familles d’honnêtes travailleurs et qu’on peut nettoyer nos vitres avec ! 
Malheureusement, y a eu plus de 120 journalistes assassinés en Algérie comme Saïd Mekbel, Tahar Djaout, Smaïl Yefsah,… Ils étaient morts pour la liberté d’expression, pour une presse libre et indépendante. Maintenant, ils doivent se retourner dans leurs tombes. La presse a pris une autre tournure.
La seule solution que j’ai trouvée, c’est de créer mon propre journal satirique en ligne qui porte mon nom car j’aime pas les pseudos ou me cacher derrière des logos. 


Mon rêve d’enfance de travailler dans un grand journal s’est réalisé avec la création mon propre journal. C’était à moi de créer ce journal dont j’ai tant rêvé et qui va publier tous mes dessins sans censure. Avec le temps, si je trouve d’autres sponsors ou annonceurs, je vais agrandir l’équipe. En attendant, je continue seul l’aventure.

Votre mot sur notre nouveau née, Soummam Express ?

Je vous souhaite la bienvenue et beaucoup de réussite. Je ne suis pas donneur de leçons mais je ne peux pas m’empêcher de vous dire directement : j’espère que vous serez différents des 90% des journaux dont j’ai parlé auparavant. SVP, faites ce boulot avec passion, amour, objectivité et crédibilité et éviter de ne penser qu’argent. Le journalisme n’est pas du commerce ou un jeu, c’est une responsabilité ! C’est vrai, l’argent ça contribue, on a besoin de ça pour avancer mais y a pas que ça dans la vie. Faites ça pour la Soummam, pour la Kabylie, pour l’Algérie et pour toute l’humanité. Il y a l’histoire qui va nous juger ! Je vous souhaite le meilleur !

Entretien réalisé par R B 
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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:19

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Message  Azul le Mer 21 Nov - 10:26

Communiqué: RAJ dénonce la répression de la marche des libertés
La marche des libertés organisée, ce mardi 20 novembre 2018 par un collectif citoyen à Béjaia, a été empêchée par la police faisant plusieurs arrestations.
Après cet empêchement un rassemblement a été improvisé à la place Said Mekbel au centre-ville de Béjaia.
Il est à rappeler que cette marche est organisée pour revendiquer la libération de Merzouk Touati et de tous les détenus d’opinion.

Le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) :
• Salue la mobilisation pacifique des citoyens et dénonce avec force l'empêchement de la marche et le recours à la force pour étouffer toutes contestations citoyennes et pacifiques.
• Exige la libération immédiate des personnes arrêtées.
• Interpelle les pouvoirs publics sur les atteintes répétitives à la liberté d’expression, de réunion, de rassemblement pacifique et d’opinion garantie par la constitution algérienne et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie.
• Appelle toutes les forces progressistes à se mobiliser autour des libertés démocratiques qui constituent l’un des fondements d’un État de droit et démocratique.
Alger le 20/11/2018
P/RAJ
Le président
Abdelouhab Fersaoui
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Message  Azul le Dim 21 Juil - 17:36

Aokas triste
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