Aokas: culture sous état de siège…, et la Pensée kabyle n’aura pas lieu

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Aokas: culture sous état de siège…, et la Pensée kabyle n’aura pas lieu

Message  laic-aokas le Lun 6 Mar - 13:33

Aokas: culture sous état de siège…, et la Pensée kabyle n’aura pas lieu




A Aokas, le peuple kabyle est, encore, une fois, comme des dizaines d’autres  fois , de nouveau frappé de l’interdiction de penser sa culture.

Notre maison (de la culture) est de vert. Vert comme gendarme. Aussi transparente que les criquets. Aussi politiquement fragile que le verre dont parlait le président , aussi indésirable qu’un ver dans le fruit. Mais un ver vert qui va vers le verre, que va-t-il faire?disait-on dans la vieille école. Et bien, il va rendre la transparence opaque, si opaque qu’elle donne au gendarme le droit de tolérer une conférence ou de la réprimer.

L’inconsidération délibérée des autorités à l’égard d’une communauté trouve sa preuve dans le président qu’elle a élu au niveau de sa commune et qu’elles n’ont même pas pris la peine de consulter dans les affaires qui concernent en premier lieu lui et le peuple, c’est la violation de domicile par la violation descendante de la hiérarchie.

Mais quelle est la relation entre les criquets et les gendarmes, se demandait l’assistance? La réponse, c’est l’artiste local, Amara Ahcene, qui nous la fournira dans un humour controversé derrière lequel s’affirme une attitude résolument  anticulture.

A l’arrivée des criquets, en Algérie, au tout début des années 90,  Ahcene, commentait l’arrivée de ces insectes grégaires dans notre société hilalisée où le béton avait pris la place du gazon; les briques, la place des cellules végétales; les murs, la place des arbres; les complexes très peu touristiques, les bandes harmonieusement boisées; dans une anarchie et une arrogance qui avaient refoulé à l’arrière plan toute forme d’expression artistique ou civique , une contre-révolution du  béton armé, bien assortie avec une mise de la culture sous baïonnette; dans une société à ressource humaine nulle où l’ on construisit à tout bout de champ avec comme seule valeur, la valeur du baril. Le vert végétal, symbole du paradis céleste, est remplacé par celui de l’enfer terrestre des casquettes et des uniformes.

Ils arrivent, les criquets! s’écria l’artiste; ils arrivent du Soudan. On les a repérés à Sétif, on dit qu’ils s’attaquent  à tout ce qui est vert, y compris les gendarmes. Ainsi soit-il, répondit l’assistance. Les criquets qui mangeraient les gendarmes, faute de vert, fut ainsi la réponse psychédélique à cette même assistance. Le gendarme et le criquet, l’un est dévastateur de la culture et l’autre de l’agriculture.Ensemble, ils sont les 2 composantes d’un pouvoir qui dévaste les deux.

Akal aggi dhaglaw a Si Cherif (cette terre m’appartient, monsieur Cherif), était le slogan pacifique d’un peuple qui crie sa terre de laquelle on veut l’effacer. Ailleurs, pour largement moins que ça, on devient nettement plus agressif : “I shot the sheriff”, était la chanson qui a fait cours chez les foules de l’autre côté de l’Atlantique. Comparaison n’est pas raison, notre slogan  dénué de toute forme  de violence, contrairement à là-bas, était tout juste un rappel, une mise au point. Et, on nous tire dessus, nous accusant de violence!

La Pensée Kabyle, est  le titre du livre de Younes Adli, autour duquel sa conférence est interdite dans le centre culturel d’Aokas par les policiers ou les gendarmes ou les 2 à la fois, qui poussent l’outrecuidance jusqu’ à se dire détenir le pouvoir de décider de nos marches et de nos façons de marcher, alors que dans le livre des rôles à jouer l’homme du livre et le gendarme ne sont jamais à la même page.  Le peuple kabyle, sous la contrainte identitaire qui le voit se réduire de jour en jour, et prédisposé aux fractures comme un os frappé d’ostéoporose, aura du mal à penser utile tant qu’il n’aura pas arrêté de panser ses blessures aussi bien affectives que corporelles. Alors, comment faire pour se libérer d’un pouvoir obsédé à l’empêcher de mener paisiblement son existence dans les critères identitaires que Dieu lui a affectés?

 La réponse, ou la contribution à la réponse, on l’espère, est dans votre livre, monsieur Adli, en attendant de meilleurs jours pour votre conférence. A quelque chose de bon, les  calculs perfides des autorités aboutissent, autant faire, contre ce regrettable événement,  bon coeur, et trouver un moyen de transformer le poison du serpent en antidote, comme elles (les autorités) ont le plus involontairement du monde transformé leur haine spontanée  à votre expression en une publicité gratuite à votre livre.


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Re: Aokas: culture sous état de siège…, et la Pensée kabyle n’aura pas lieu

Message  laic-aokas le Lun 6 Mar - 13:34

Kahina Aouli Il faudra peut être que les gens d'Aokas s'indignent en protestant publiquement
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Re: Aokas: culture sous état de siège…, et la Pensée kabyle n’aura pas lieu

Message  rebelle kabyle le Mer 19 Juil - 20:36

Aokas triste

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Re: Aokas: culture sous état de siège…, et la Pensée kabyle n’aura pas lieu

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