La colère de Vava Bahroun Mythologie d’Aokas et son impact sur la réalité d’hier et d’aujourd’hui

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La colère de Vava Bahroun Mythologie d’Aokas et son impact sur la réalité d’hier et d’aujourd’hui

Message  Madona le Mar 29 Nov - 21:43

La colère de Vava Bahroun Mythologie d’Aokas et son impact sur la réalité d’hier et d’aujourd’hui






La dernière fois où l’on visita la grotte de Tafalout pour pratiquer le rite de la fécondité pour les jeunes dames en quête d’enfantement et de jeunes demoiselles à la recherche d’âme sœur en vue d’un mariage, remonta aux années 1970.
La procession était composée de dames assez âgées, de jeunes femmes, de filles en âge de se marier et de quelques gamins pour la galerie. Parmi les vieux du village, la jeunesse féminine avait jeté son dévolu en portant son choix sur un septuagénaire très mascotte pour représenter la partie virile à titre symbolique pour mener laisse en tête du cortège un âne chargé d’ustensiles de cuisine et de victuailles. Les femmes avaient sur le dos de grosses cruches remplies d’eau qui leur donnaient au passage un charme champêtre exquis dans leurs robes à fleurs.
Pendant que la troupe cheminait en file indienne vers l’endroit distant de quelques encablures de la Dechra, les dames sans attendre murmuraient déjà des louanges d’impatience aux divinités et aux esprits animistes qui présideront en leur faveur. Les enfants quant à eux s’occupaient de ramener à bon port le bouc qui va servi bientôt de repas à la fête cérémoniale.
Une fois sur place, on déballa le matériel, on creusa un brasero, on plaça trois pierres légèrement dégrossies par-dessus, en guise de repose- marmite et on alluma le feu, les brindilles et les bouts de bois ne manquant pas dans les parages.
Les vieilles femmes expertes en la matière s’affairaient autour du grand plat en bois pour rouler ce fameux couscous pendant que les jeunes dames épluchaient les légumes, qu’elles coupaient en morceaux et trituraient dans de l’huile au fond de la marmite. Le vieux grand-père s’éloigna de quelques mètres, sans doute par pudeur en suggérant par-là que ceci est désormais affaire de femmes et s’assit à même le sable sur la bordurede la plage.Le feu crépitait sous la marmite fumante, exhalant une odeur forte appétissante.
Les enfants profitant de l’accalmie dans le bivouac gambadaient derrière les buissons en criant à tue-tête en se prêtant au jeu des gendarmes et des voleurs. Presque imperceptiblement devant l’ambiance générale, les jeunes filles arpentèrent un sentier de chèvre, presque invisible, dissimulé dans les fourrés qu’il faut deviner souvent pour le suivre et qui mène à une grotte, dont l’entrée est à peine visible de la route nationale, passant juste quinze mètres en contre-bas.
Pendant leur villégiature caverneuse les jeunes demoiselles découvrirent une salle constellées de stalactites plus ou moins proéminentes qui pendent du plafond et des stalagmites qui montent du sol vers les ogives de la grotte.
Elles se rendirent compte que l’on est déjà passé par-là, car la plupart des excroissances de formes phalliques sont auréolées de foulards de femmes aux couleurs d’arc-en-ciel et dans un retranchement des tessons de poteries jonchaient le sol.
Après avoir investi le site silencieusement, un peu décontenancées par la presque banalité des lieux, elles rejoignirent le feu nourricier car le couscous est prêt à être servi. Elles reviendront plus tard, accompagnées de jeunes dames pour apporter les offrandes aux divinités dont le dieu PAN, champion de la fécondité dans l’hilarité la plus débridée.
Après le repas, les jeunes dames visiblement impatientes, remonteront vers la grotte chargées de plats de couscous et de viandes en compagnie de jeunes filles pour la grande initiation et celles-ci découvriront avec émerveillement les arcanes secrètes du paganisme dans sa version théorique et pratiques.
Les femmes portées par leurs incantation au summum de la transe, les cheveux en bataille se mirent à gémir de plaisir et s’affalaient puisque inconscientes sur une stalagmite de prédilection qui s’offrit à elle, qu’elle auréolèrent de leur foulard arraché à la hâte de leur chignon ou de leur ceinture. Les jeunes filles suivaient avec un intérêt soutenu leurs ainées dans la gestuelle et les appels à qui de droit, de leur venir en aide suivant le principe d’Antigone : « tout et tout de suite ».
Au bout d’un instant de répit, une certaine léthargie indéfinissable remplit le sanctuaire d’une suavité euphorisante et les femmes, ici présentes, dans un ultime effort procédèrent au dernier acte de dévotion en cassant les plats remplis d’offrandes sur l’autel réservé à cet effet,non sans avoir invoqués les Dieux et les Esprits dans leur infinie bonté.
Elles dévalèrent la pente pour rejoindre la troupe avec dans l’idée l’accomplissement de leur dernière volonté. Une fois sur la berge, elles se dirigèrent vers le grand-père, qu’elles affectionnaient plus que de raison, s’emparèrent de sa personne fermement et pendant qu’il gigotait de toute part en les sermonnant avec force, en vain, le roulèrent tout habillé sur les vagues qui défilèrent sur la berge tout en invoquant Vava Vahroun ( POSEIDON ) maître incontesté des lieux, par la prière qui suit : « Nous te remettons ce vieil homme, remet-nous à la place un enfant qui aura toute la vie devant lui. »
Plus tard des bergers et des bergères de passage, visiteront les lieux et récupéreront les pièces de monnaies déposées là en obole à l’intention des Dieux.
D’ici ce soir, le patriarche offert tout mouillé à Poseidon aura tout le temps de leurs pardonner. N’est-il pas leur mascotte bien aimé ?
Cette anecdote est rappelée ici pour commémorer la disparition brutale de personnes au début de cette année 2015 à la suite d’une avalanche-éboulement redoutable et mortelle emportant sur son passage des voyageurs et leurs véhicules. Cette catastrophe s’était passée à l’endroit même de la grotte dite TAFALOUT, lieu éminemment sacré et vénéré par les habitants d’Aokas, que la mémoire individuelle et collective a renvoyé aux oubliettes.
Le site est intéressant pour un étudiant en ethnoarchéologie en vue de réaliser une thèse dans ce sens. Les moyens technologiques d’aujourd’hui permettent au chercheur éventuel de reproduire fidèlement la poterie authentique de la région d’Aokas, intéressante par son originalité.

Amari Nacer
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Re: La colère de Vava Bahroun Mythologie d’Aokas et son impact sur la réalité d’hier et d’aujourd’hui

Message  Azul le Lun 13 Nov - 11:48

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Re: La colère de Vava Bahroun Mythologie d’Aokas et son impact sur la réalité d’hier et d’aujourd’hui

Message  Azul le Lun 13 Nov - 11:52

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