Les Algériens du Canada ne sont pas chamboulés par le mois du jeûne : Scènes de vie ramadhanesque à Montréal

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Message  laic-aokas le Dim 5 Aoû - 11:27

Par : YAHIA ARKAT
Les Algériens s’habituent avec le Ramadhan au Canada. Même si c’est à mille lieues du pays natal, nos compatriotes essayent de reproduire l’ambiance ramadhanesque typiquement algérienne.

C’est que les journées ici sont longues. Et avec la chaleur et l’humidité, elles semblent s’éterniser. Les calendriers distribués gratuitement à l’occasion du Ramadhan, indiquent l’adhan à 20 h 27 en ce douzième jour du jeûne. Pour tuer le temps, après une journée de travail, on se surprend à faire des courses, presque chaque jour que Dieu fait.
Ce qui, a priori, peut paraître normal dans une société de surconsommation et où le marketing commercial prend des allures de matraquage visuel. Les commerces algériens sont fréquentés plus que d’habitude, comme il nous a été donné de le constater. Les produits du label algérien sont particulièrement prisés. Il en est ainsi de l’incontournable soda Hamoud et des dattes Deglat Ennour. “Nos clients ont tendance à acheter plus durant le mois de Ramadhan, surtout que les prix sont relativement abordables”, nous explique un commerçant de la rue Jean-Talon, à Montréal. Dans les boucheries hallal, c’est toujours l’affluence. Ici ou ailleurs, la fièvre “acheteuse” caractérise souvent le mois de carême. Dans les supermarchés, par exemple, les rabais de la semaine sont surveillés à la loupe. Et les produits ou les articles, sur lesquels sont pratiqués les prix spéciaux, sont liquidés sur les étals en deux temps trois mouvements. Habituellement, c’est le week-end que l’on fait les courses pour la semaine ; mais durant le Ramadhan, c’est presque quotidiennement que les gens se rendent au supermarché, à la boulangerie ou au dépanneur du coin. Des pâtissiers ont baissé les prix sur certains produits prisés en pareille période. C’est le cas de qelb elluz qui a connu un rabais de 3 dollars sur une boîte de six morceaux. Pour nombre de nos compatriotes apostrophés, ce gâteau est incontournable sur la table aussi bien au moment du ftour que durant le shour. Même dans les cafés, le gâteau, fait à base de semoule, sucre et amande, est très prisé par les consommateurs.

Zlabia, de Boufarik à Montréal
Justement, chez les musulmans, les sucreries tiennent la dragée haute durant le mois sacré. Les ménages semblent en raffoler davantage. En plus du qleb elluz et autres baqlawa, les Algériens renouent également avec la zlabia. Même des restaurateurs se convertissent, l’espace d’un mois, en fabricant de zlabia. Il y a même des pancartes qui indiquent sur certains commerces que la zlabia de Boufarik est disponible. Et c’est ainsi que l’on voit des compatriotes, sans doute nostalgiques de la belle époque, se précipiter pour commander un kilo de bâtons sucrés. Si certains restaurants et cafés tenus par des Algériens sont fermés la journée durant ce mois de Ramadhan, il n’en est pas de même pour d’autres. Surtout ceux dont la clientèle n’est pas spécialement communautaire. A titre d’exemple, au centre-ville de Montréal, une pizzeria gérée par un Algérien est restée ouverte, car sa clientèle est un patchwork de plusieurs nationalités, pas spécialement musulmane. Mais, le Ramadhan n’est pas seulement synonyme de bonne table où l’on mange jusqu’à se faire éclater la “panse”, selon l’expression consacrée. Il est aussi prétexte à quelque farniente. Et concernant les loisirs justement, ce n’est pas ce qui manque par ici. Avant la rupture du jeûne, si les femmes sont souvent occupées à préparer de copieux repas à la maison, des hommes accompagnent leurs enfants dans le parc. L’occasion pour les enfants de jouer et le papa de tuer le temps. “Ici, au moins les enfants peuvent jouer en plein air. Ils ne veulent pas se contenter de rester la journée à la garderie et le soir à la maison. Ils veulent eux aussi sortir”, soutient un père de famille croisé dans un parc public. Mais c’est le soir, après le ftour, que l’affluence, dans ce parc plus particulièrement, est plus grande. Des familles entières s’y rendent pour prendre de l’air. Le soir, il y a quand même un peu de fraîcheur ; ce qui pousse les familles à sortir. Pas seulement dans les parcs. Montréal est une ville connue pour sa vie nocturne et trépidante. Notamment en période estivale.
Tarawih, Reebok et Facebook
Les festivals sont programmés l’un après l’autre. Des cultures du monde entier sont célébrées dans un brassage multi-ethnique qui invite à la fraternité. Des artistes algériens s’impliquent, eux aussi, dans cette dynamique de dialogue des cultures. Ainsi, à l’occasion du mois de Ramadan, le Festival culturel nord-africain propose une soirée aux saveurs andalouses au centre Leonardo Da Vinci. Ceci au moment où d’autres artistes se produisent dans un autre cadre, comme Zahia qui s’est réservée la salle le Balattou, ou encore le groupe amazigh Berbanya qui participe à la 22e édition de Présence autochtone, programmée du 26 juillet au 5 août. Un rendez-vous des musiques berbères avec des sonorités amérindiennes. Sur un autre registre, les fidèles sont de plus en plus nombreux à fréquenter les salles de prière à Montréal. Au centre islamique de l’est de Montréal, nous sommes arrivés au moment du ftour. L’un des fidèles nous invite à casser la croûte avec eux, mais ce n’était pas là l’objet de notre virée. Notre interlocuteur nous explique comment est géré le centre, surtout en cette période de Ramadan. “Nous n’avons rien changé au rythme de chez nous dans la pratique de la foi”, dit-il convaincu. Il nous raconte presque dans le détail comment se déroule la prière des tarawih. Prière à laquelle participent surtout des jeunes pourtant d’apparence bien branchés. Désormais, ils se fixent rendez-vous aux tarawih par Facebook ou Twitter. Et portent Reebok avec la dernière mode vestimentaire. Y compris dans certaines entreprises, des salles sont aménagées pour la prière. C’est le cas d’un centre d’appels où travaillent majoritairement des Maghrébins. Les veillées ramadhanesques sont également synonymes de virées dans les cafés, où les membres de notre communauté ont pris l’habitude de se rencontrer. Attablés ou debout, les clients, tout en sirotant un café bien serré, dissertent de tout et de rien. Tous les sujets y passent. Enfin presque. Les palabres s’allongent dans la soirée, pendant que les amateurs de dominos tentent de fermer le jeu pour “tuer” le double six. Tard dans la nuit, les rues sont presque désertes. L’heure du shour approche…


Y. A.

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Message  laic-aokas le Dim 5 Aoû - 11:37

Kadlib

#6
Citation en provenance du commentaire précédent de Azzabi:

J'écris d'Algérie. Je pensais que ces gens sont partis si loin parce qu'ils voulaient vivre autrement. Tout ça pour ça finalement, reconstituer le même environnement socio-culturel d'avant leur départ qui leur a tant couté. Ne peut-on pas les qualifier de schisophrenes, ne sachant quoi vouloir en fin de compte?

Tout ça pour pire, dans certains cas malheureusement . J'écris qu Québec, quand on quitte son pays après un certain âge, ce qui fait le plus plaisir est de ne pas couper son " cordon ombilical culturel". Ce qui est triste c'est un certain repli identitaire qui se cristalise seulement autour de la religion et dans aspects aussi ostentatoires qu'artificiels
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Message  laic-aokas le Dim 5 Aoû - 11:38

#7
Quand le chacal ne parvient pas à la grappe de raisin, il dit qu'elle est amer. Saha ftourek! M Azzabi
Répondre a Manil
Kadlib 04-08-2012 15:20

#6
Citation en provenance du commentaire précédent de Azzabi:
J'écris d'Algérie. Je pensais que ces gens sont partis si loin parce qu'ils voulaient vivre autrement. Tout ça pour ça finalement, reconstituer le même environnement socio-culturel d'avant leur départ qui leur a tant couté. Ne peut-on pas les qualifier de schisophrenes, ne sachant quoi vouloir en fin de compte?

Tout ça pour pire, dans certains cas malheureusement . J'écris qu Québec, quand on quitte son pays après un certain âge, ce qui fait le plus plaisir est de ne pas couper son " cordon ombilical culturel". Ce qui est triste c'est un certain repli identitaire qui se cristalise seulement autour de la religion et dans aspects aussi ostentatoires qu'artificiels
Répondre a Kadlib
Azzabi 04-08-2012 14:29

#5
@SAD06 Cette "plèbe et ce capharnéum" que vous detestez tant ne sont-ils pas le produit de ces " us, coutumes et cultures" que vous cherissez tant. Schizophrénie, quand tu nous tiens...
Répondre a Azzabi
lisia 04-08-2012 13:36

#4
si on quitte chez soi pour le reproduire autant rester chez soi, de plus si on quitte son pays c'est parce qu'il ne nous convenait plus donc si on veut faire ailleurs que ce soit aussi merdique que chez soi ? Bizarre la nature humaine !
Répondre a lisia
lisia 04-08-2012 13:34

#3
Citation en provenance du commentaire précédent de Azzabi:
J'écris d'Algérie. Je pensais que ces gens sont partis si loin parce qu'ils voulaient vivre autrement. Tout ça pour ça finalement, reconstituer le même environnement socio-culturel d'avant leur départ qui leur a tant couté. Ne peut-on pas les qualifier de schisophrenes, ne sachant quoi vouloir en fin de compte?

vous avez raison si c'est pour etre comme chez soi autant rester chez soi....En general quand on quitte son pays c'est parce que on y etait pas bien alors si c'est pour le reproduire ailleurs, donc le nouveau va devenir aussi merdique....bizarre la nature humaine ?
Répondre a lisia
SAD06 04-08-2012 12:35

#2
a azzabi:je te repond comme Mao tse tong: quand je montre la lune au peuple, les imbéciles fixent mon doigt!
ces "gens" comme vous dites ne sont pas là pour "reproduire" l'ambiance, mais ils vivent paisiblement avec leurs us,coutumes et cultures....dans la joie, bonheur et bonne humeur, loin de la plèbe et du capharnaum qui est leurs pays d'origine!
Répondre a SAD06
Azzabi 04-08-2012 11:30

#1
J'écris d'Algérie. Je pensais que ces gens sont partis si loin parce qu'ils voulaient vivre autrement. Tout ça pour ça finalement, reconstituer le même environnement socio-culturel d'avant leur départ qui leur a tant couté. Ne peut-on pas les qualifier de schisophrenes, ne sachant quoi vouloir en fin de compte?
Répondre a Azzabi
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Message  laic-aokas le Lun 6 Aoû - 12:43

Dans cet article à la con, l'écrivaillon Y. A. écrit "En plus du qleb elluz et autres baqlawa, les Algériens renouent également avec la zlabia". Je suis depuis quelques années à Montréal, je suis algérien et je n'ai jamais acheté ces friandises, trop sucrées et dégoûtantes, j’achète jamais la viande Halal chez ces intégristes qui sont sales, je ne suis pas musulman et je suis outré de voir que les cafés algériens de Jean Talon sont fermés la journée. Les cafés sont à l'image des cafés maures du Bled, il n y a rien que des hommes, debout ou attablés, pas une seule femme, les québécois quand ils passent, ils nous zyeutaient comme si nous étions des zombies ou des animaux de ZOO. La première fois quand je suis arrivé, on est venu pour voir un match de l'équipe nationale, debout, serré par les siens dans l'exiguïté totale et suant, je me suis dit, j'ai fait des milliers de Kilomètres en dépensant une somme énorme pour me retrouver dans ce traquenard. Parlant de ces salles de prières aménagées au sein des lieux de travail et que Y.A. décrit comme un acquis, sachez bien que la majorité des organismes et des entreprises refusent de nous embaucher à cause de ça, même l'immigration en provenance du Maghreb est momentanément suspendue à cause de ce repli identitaire et culturel archaïque, exclusif et haineux qui tire son essence de l’idéologie arabo-musulmane wahabite. L'immigration au Québec est un échec flagrant pour notre communauté. Azzabi a raison, ça relève de la schizophrénie.

Madjid Sidi
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